Pour Félix Antoine DIOME « Le décret de révocation s’est fondé sur des faits matériellement incontestables »

Réponse du berger à la bergère. Après les plaidoiries des avocats de Khalifa Sall sollicitant l’annulation du décret de révocation de leur client, les conseils de l’Etat du Sénégal ont pris la parole pour prendre le contre-pied de leurs confrères. La bataille judiciaire a été rude. Il fallait brandir des arguments juridiques pour convaincre le président de la chambre administrative Abdoulaye Ndiaye et ses conseillers. C’est l’agent judiciaire de l’Etat qui ouvre le bal du côté des avocats de la partie civile. Les partisans et sympathisants du maire de Dakar ont quitté la salle au moment de la prise de parole d’Antoine Félix Diome, histoire de le boycotter. Un acte qui fait rigoler l’agent judiciaire de l’Etat. Qui, dans sa plaidoirie, a rappelé les notions fondamentales qui permettront, à son avis, de bien apprécier le décret de révocation. « Le décret de révocation s’est fondé sur les faits matériellement incontestables. Khalifa Sall a été invité par l’Inspection générale d’Etat à s’expliquer sur les faits relatifs à la gestion de la caisse d’avance de la mairie de Dakar. Il n’a pas contesté les faits. Il est même allé plus loin en faisant des propositions de solutions », a renseigné l’agent judiciaire de l’Etat, estimant ainsi que le décret de révocation ne souffre d’aucune illégalité.

Me Ousmane Diagne a embouché la même trompette. L’avocat souligne que Khalifa Sall a été entendu mais, en lieu et place de donner des explications convaincantes pour asseoir son innocence a servi aux enquêteurs de l’IGE « des arguments et des explications qui n’existent que dans son imagination ». Selon Me Diagne, le président de la République avait toute la latitude de le révoquer aussitôt après son audition par les enquêteurs de l’IGE. « Il pouvait ne pas attendre la décision de la Cour d’appel parce que les faits qui étaient reprochés à Khalifa Sall étaient clairs depuis le début. Le président de la République peut révoquer un maire quand la moralité de celui-ci ne lui permet plus d’exercer sa fonction. Il est plus facile de révoquer un maire que de limoger un fonctionnaire. Le décret a été motivé en fait et en droit », plaide Me Ousmane Diagne.

« Dans d’autres pays, Khalifa Sall serait jugé par une chambre criminelle »
Me Baboucar Cissé n’a pas dérogé à la règle. Il a suivi le pas de ses confrères de la partie civile en plaidant la culpabilité de l’ancien maire de Dakar. Répondant à la défense, Me Cissé déclare que c’est faux de dire que Khalifa Sall a été condamné parce qu’il a refusé une offre politique. « Jusqu’à l’extinction du soleil, Khalifa Sall n’apportera jamais les preuves de son innocence », défie Me Cissé. Il estime même que Khalifa Sall devrait être traduit devant une chambre criminelle puisqu’il a commis un crime financier. « Dans d’autres pays, il serait jugé par une chambre criminelle. Il a fait du faux dans des documents et chaque mois, il recevait gracieusement 30 millions de francs CFA, sans aucune justification. Il n’est pas digne de présider aux destinées de ce pays. Ce n’est pas sûr de lui confier ce pays », a fait savoir Me Baboucar Cissé qui demande le rejet du recours introduit par la défense.

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