LUTTE CONTRE LE TERRORISME : Une magistrate insiste sur le ‘’décèlement précoce’’, avant tout passage à l’acte

La présidente du tribunal pour enfants auprès du Tribunal de Grande Instance hors classe de Dakar, Mayé Diouma Diouf Diop, a invité, jeudi, à un élargissement du périmètre judiciaire par le ’’décèlement précoce’’ avant tout passage à l’acte, pour une meilleure efficacité de la répression dans la lutte contre le terrorisme. Elle intervenait à l’occasion de l’audience solennelle de rentrée des cours et tribunaux, pour l’année judiciaire 2020, axée sur le thème ’’La lutte contre le terrorisme : un défi pour les Etats africains’’.

’’Réadapter les procédures et les pratiques judiciaires pour l’efficacité de la répression, c’est élargir le périmètre judiciaire par le décèlement précoce et repenser la prise en charge judiciaire du terrorisme’’, a déclaré Mayé Diouma Diouf Diop dans son discours d’usage.  Cette nouvelle approche, a-t-elle expliqué ‘’implique un changement de paradigme en matière de politique pénale par la redéfinition du rôle du procureur de la République dans les stratégies de lutte anti- terroriste et la mise en place de plateformes automatisées de recueil, de partage et d’analyse d’informations à but judiciaire’’.

’’Comme objectif, la magistrate permet la neutralisation de la cible, par son arrestation et sa détention probable avant son passage à l’acte. Comme processus, la judiciarisation du renseignement désigne la faculté d’intégrer aux procédures pénales les éléments recueillis dans la phase de renseignement’’, a-t-elle expliqué. Sous ce rapport, a-t-elle précisé ’’la judiciarisation du renseignement permettrait de sécuriser les investigations entamées, de veiller à leur conformité à la législation et par conséquent d’éviter des causes de nullité ab initio (à la base) de nature à entacher les procédures concernées’’.

D’après Mayé Diouma Diouf Diop, ’’l’autre enjeu de la judiciarisation du renseignement est de trouver l’équilibre entre d’une part, les exigences du droit à un procès équitable notamment le principe du contradictoire, d’autre part, la nécessité de préserver la sécurité et l’intégrité des citoyens, avec la problématique du maintien de la confidentialité de certaines informations’’. ’’La cible, qui nous préoccupe tous, est de plus en plus complexe, dynamique, mieux structurée et en perpétuelle mutation. Seule une organisation supérieure à celle du mal, pourra constituer une réponse durable pour les Etats Africains’’, a-t-elle soutenu.

MADA NDIAYE(étudiante en 3 éme année IMIC Dakar)

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