Macky SALL écarte Mbaye NDIAYE, Mahmoud SALEH et Marième BADIANE de la réunion du Conseil des ministres

L’affaire Samba Diobène Kâ, ministre de l’Elevage etMoussa Baldé, ministre de l’Agriculture, interdits ce mercredi de participation à la réunion du Conseil des ministres, déclassifie les éléments d’une purge beaucoup plus radicale que le Président de la République avait imposée à son cabinet.

Il n’était pas possible qu’il arrive ce qui est arrivé hier mercredi en conseil des ministres où deux membres du Gouvernement ont été interdits de réunion hebdomadaire. Malgré les explications à la pelle, les tentatives de désamorçage d’une bombe communicationnelle, d’un deux poids deux mesures (lire par ailleurs) qui a certainement provoqué des commotions dans la tête de certains Sénégalais, l’absence de Moussa Baldé, ministre de l’Agriculture et de Samba Ndiobène Kâ, ministre de l’Elevage à la Salle Bruno Diatta du Palais de la République, relève de la seule volonté du chef de l’Etat Macky Sall. C’est ce qu’il a décidé qui se fera et pas de moyens pour ne pas le respecter. Avant cette mesure de confinement ou de quarantaine (c’est selon), prise  ce mercredi, d’autres personnes, des ministres ont été expulsés de la réunion du Conseil des ministres et envoyés dans des locaux hors du Palais de la République. Une série de mesures à l’époque passées sous silence dont la décision présidentielle d’hier matin est venue déclasser les éléments.

Au nom du «Fast-Track», le président de la République avait pris la décision, il y a quelques mois, de restreindre le nombre de participants à la réunion du Conseil des ministres. Le Président Macky Sall, qui tient à faire prendre la voie rapide à son second mandat, avait sorti le sabre. Ce sont les «éléments perturbateurs», les ministres d’Etat (sans portefeuille), ses plus proches collaborateurs et membres fondateurs du parti présidentiel, qui sont visés. Mbaye Ndiaye, Mahmoud Saleh, Marième Badiane… ont été tous interdits de Conseil des ministres du jour au lendemain. Une mesure confirmée par un membre du gouvernement. «J’ai fait les deux conseils des ministres. C’est-à-dire avant et après la purge des ministres d’Etat auprès du Président de la République, mais je peux vous jurer que la réunion a gagné en efficacité», souffle la source de L’Observateur. Selon le collaborateur du chef de l’Etat, dans sa  composition actuelle, le Conseil des ministres a été réduit à son strict minimum. Hormis les membres du Gouvernement, ce sont les Secrétaires d’Etat, le ministre Secrétaire général du gouvernement, directeur de cabinet du Président de la République, le ministre d’Etat, secrétaire général de la Présidence de la République… qui sont invités à prendre part tous les mercredis, à la réunion qui se tient à l’ex-Salle des Banquets.

Cheikh Kanté, seul rescapé

Exclus du Conseil des ministres, Mbaye Ndiaye et Cie seront bannis du Palais de la République. Seule Marième Badiane, qui a été cueillie à froid de la faîtière du Mouvement national des femmes de l’Apr au profit du ministre Ndèye Saly Dieng, est restée au Palais.  «Il faut savoir que cette restriction n’a pas fait que des heureux. Elle a créé beaucoup de frustrations dans l’entourage immédiat du président de la République. Mais le fait d’évincer ces ministres d’Etat a considérablement allégé les débats en conseil des ministres. Quelqu’un comme Mbaye Ndiaye intervenait sur tous les sujets et souvent dans des termes qui indisposaient le Président.»

Membre du cabinet présidentiel, selon le Décret n° 2019-910 du 15 mai 2019 portant répartition des services de l’Etat et ministre en charge du suivi du Plan Sénégal émargent (Pse), Cheikh Kanté a été le seul rescapé de la mesure de Macky Sall. Laissé à quai au départ du second mandat, Cheikh Kanté rattrapera le train in extremis, après que son cas est discuté, diagnostiqué et traité par la presse.  «Je crois qu’il doit son salut au Suivi du Pse dont il a en charge, poursuit la source de L’Observateur. Comme le PSE est le point nodal de la gouvernance du Président Macky Sall, cela a été considéré comme un portefeuille. Mais Cheikh était déjà passé à la trappe.» Il avait déjà subi le sort des ministres d’Etat, membres du cabinet présidentiel.

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