Après le chaos,la victoire de Joe BIDEN confirmée par le Congrés

Malgré une suspension de plusieurs heures due à l’après-midi de violences à Washington, les élus du Congrès ont repris leurs débats dans la soirée, et certifié au milieu de la nuit les votes des grands électeurs. Le parti républicain sort de l’épisode déchiré.

Ils ont voulu envoyer, au plus vite, un symbole de continuité démocratique. Après un après-midi de chaos inédit au Congrès, et plus de six heures d’interruption due à l’intrusion violente de partisans de Trump au Capitole, à Washington, les élus des deux chambres ont repris mercredi soir leur séance de certification du vote du collège électoral, pour entériner définitivement la victoire du démocrate Joe Biden à la présidentielle.

A 3h33 du matin heure locale (9h33 à Paris), la barre des 270 grands électeurs en faveur du démocrate a été officiellement franchie après la validation des résultats du Vermont. Quelques minutes plus tard, la session conjointe du Congrès, ultime étape du complexe processus électoral prévu par la Constitution américaine, a pris fin. Epilogue d’une journée inimaginable qui a secoué la capitale fédérale américaine, sans pour autant parvenir à faire dérailler le processus.

« Nous condamnons fermement la violence qui a eu lieu ici, avait martelé le vice-président, Mike Pence, en ouvrant à nouveau les débats. A ceux qui ont semé le désordre au Capitole aujourd’hui : vous n’avez pas gagné. La violence n’a jamais gagné. » Après l’intrusion des manifestants, les élus et leurs employés avaient dû être confinés, puis évacués.

Les uns après les autres, les sénateurs américains se sont succédé pour blâmer les émeutiers. A commencer par le chef de la majorité républicaine, Mitch McConnell, longtemps le plus puissant allié de Donald Trump au Congrès. Appelant les manifestants des « criminels, des brutes », il a affirmé, sans ambiguïté, que le Congrès allait « certifier le vainqueur de l’élection présidentielle 2020 ».

« Image indélébile »

Le chef de file des démocrates à la chambre haute Chuck Schumer a, lui, déploré que le « temple de la démocratie » ait été « profané, vandalisé ». L’événement, provoqué « par les mots, les mensonges » de Donald Trump, restera « une tache sur notre pays, qui ne sera pas facilement lavée. L’image finale, terrible, indélébile du 45e président des Etats-Unis ». Le républicain Mitt Romney, critique fréquent du milliardaire républicain, a abondé en son sens : « Ce qui a eu lieu aujourd’hui est une insurrection incitée par le président des Etats-Unis. »

Conséquences des violences au sein du temple législatif américain, plusieurs sénateurs, qui avaient initialement annoncé qu’ils bloqueraient la certification du vote, ont finalement rétropédalé. A l’instar de Kelly Loeffler, la sénatrice républicaine sortante de Géorgie, qui n’a pas été réélue lors d’élections partielles ce mardi. Sur la scène d’un meeting de Donald Trump lundi soir dans le Peach State, elle s’était engagée à s’opposer à la certification du vote des grands électeurs de l’Etat du Sud. Mais « les événements d’aujourd’hui » l’ont « forcée à reconsidérer » sa décision. « Trop d’Américains sont frustrés par ce qu’ils voient comme un système injuste », a-t-elle cependant affirmé, référence aux nombreuses théories du complot sur des élections « volées » et des « fraudes électorales », défendues par Trump mais sans aucun fondement.

Libération.fr

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